“Shifty, shifty ! ” *
Tous ceux qui naviguent savent qu’Éole n’en fait qu’à sa tête ! Vous pouvez organiser un Championnat du monde, faire venir les plus grands champions, etc, … et prier tous les soirs pour les conditions de vent soient les meilleures. À l’arrivée, Éole vous colle une semaine de “pétole” !
Jeudi 22, le premier bulletin météo tombe : un BMS avec avis de grand frais à coup de vent de mistral ! Et cela semblait durer au moins toute la durée du championnat. Les échanges entre le comité de course et la direction de la base furent nombreux. La journée de vendredi n’a pas permis d’envoyer une manche. La prudence est restée de mise. La décision a été prise d’avancer l’heure de course du samedi pour profiter de la matinée. Un avenant a demandé à tous les coureurs d’être à disposition à 9h pour aller sur l’eau. 4 manches ont pu être courues mais la barre des 20 noeuds fut vite franchi en fin de matinée. Même scénario pour la journée de dimanche où seulement 2 courses seront courues.
Cette expression d’Olivier DUMAINE, directeur de la base, résume le dilemme de ce championnat.
Hippolyte GRUET (YC La Grande Motte) s’est imposé brillamment devant Noé DUMAINE (SN BANDOL) et Baptiste COURTIAS (CNV AIX-les-BAINS). Mais il faut noter la forte progression de Noé depuis 2 ans qui commence à mettre la pression sur Hippolyte.

Voici le tableau complet des résultats de ce beau championnat de France. Merci au comité de course pour avoir utilisé toutes les possibilités d’envoyer des manches dans des conditions difficiles.
La parole au vainqueur, Hippolyte GRUET (YCGM), Champion de France
Question : Tu as l’habitude de gagner à BANDOL ?
Hippolyte : On s’habitue à la victoire… Moi je fais souvent deuxième ou troisième. C’est vrai que chaque fois que je suis venu à Bandol, j’ai gagné. Mais ce sont toujours des régates compliquées pour moi, parce que c’est en début ou en fin de saison. Je ne suis pas forcément au max de ma forme. C’est toujours un challenge de naviguer propre, de rester bien mentalement, parce que je suis généralement un peu surchargé par les cours.
Question : Ce qui a bien marché, c’est la régularité ?
Hippolyte : Oui, quand même, j’ai gagné 4 manches sur 6, et j’ai failli être dans la course pour la victoire sur toutes. Je n’étais pas souvent premier à la première bouée. Donc il a surtout fallu faire confiance à ma vitesse et bien regarder le vent, qui était assez oscillant, pour prendre toutes les bonnes bascules et remonter mes concurrents à chaque fois.
Question : La prochaine, c’est quoi ?
Hippolyte : Je viens d’être inscrit et accepté à Villasimius. C’est un scoop. C’est une coupe en Italie où les bateaux sont déjà sur place : on a juste à prendre l’avion jusqu’à Cagliari, Villasimius est juste à côté. C’est organisé par la fédération italienne, et j’ai été sélectionné en tant que représentant. Peut-être que Noé aussi, ce n’est pas encore sûr.
Question : Tu fais uniquement du WASP ?
Hippolyte : Du WASP et du Moth. Mais en ce moment le Moth a eu un petit souci, le bateau est en réparation.
La parole à Noé DUMAINE (SNB), Vice-champion de France
Sur le premier bord de près (manche 5), je suis devant, mais en haut il n’y avait plus assez de vent. Hippolyte arrive à faire un beau virement, du coup il passe au-dessus. Là, on est encore serrés, ça se tenait. Et après, en bas dans la descente, je fais un petit planté où je perds 100–150 mètres. Après, je n’ai pas réussi à reprendre l’écart.
Question : Ah oui, quand tu plantes, tu perds 150 mètres ?
A : Ah oui, ça ne pardonne pas. Mais c’était bien quand même, je suis fier de moi.
Question : Qu’est-ce qui a bien marché ?
A : Je me suis bien amélioré au près, sur ma vitesse. Avant, dans le vent fort surtout, c’était mon point faible, je me faisais prendre facilement. Là, je suis content de moi. Dans du vent comme ça, normalement Baptiste est largement au-dessus de moi, et j’ai fait toutes mes manches devant lui. Hippo aussi, d’habitude il est un cran au-dessus, et pourtant j’arrivais bien à le tenir. On se battait à la fin.
La parole à Raphaèl CHTOUNDER (SNB), 11ème au général
Question : Alors, Raphaèl, le bilan de la régate, ça va ? Tu es content de ta course ?
Coureur B : Hier j’étais content, aujourd’hui un peu moins. J’ai fait des erreurs techniques dans les vagues. Hier j’ai fait mieux, et pour l’une de mes premières régates, j’ai fait une bonne place. Je suis assez content.
Question : Tu sais où tu en es au classement [?] ?
B : Je ne sais pas, j’ai du mal à regarder, mais je pense que je n’ai pas tout perdu non plus.

La parole à Manuel GUEDON, fondateur de la WASZP Academy
Question : Manu, pourquoi les WASP craignent-ils plus la houle que le vent ?
Manu : C’est le dilemme des foilers. Pour tous les foilers, des Ultimes aux petits foilers, la difficulté c’est de passer dans la mer, au-dessus des vagues. On suit l’onde : si l’onde est trop courte, on n’arrive pas à passer au-dessus. On descend, on remonte, et on bute dans les vagues. Regarde GITANA : son principe, c’est d’essayer de naviguer en volant dans des vagues de plus en plus grosses, et on gagne en vitesse. Nous, on a le même problème. On aime bien quand c’est tout plat, et malheureusement ici il y a du Mistral. Mais c’est marrant quand même, c’est rigolo.
Question : Et aujourd’hui, où en est la classe WASP ?
Manu : Elle est bien développée : il y a 1 800 bateaux dans le monde. On a un gros événement qui arrive avec les 10 ans, au lac de Garde, en juillet prochain. On sera vraiment sur 300 bateaux à régater, des jeunes et des moins jeunes. C’était le principe de la classe WASP : ouvrir à toutes les catégories. Il y a les petits jeunes, très performants, qui cherchent la performance. Et il y a les masters, au-delà de 30 ans, qui cherchent plutôt le plaisir de naviguer, de régater, de se dépenser, l’effort. C’est une belle classe, avec surtout des gens qui viennent de tous les pays du monde. C’est très, très bien.
La parole à Paul MASSON, de belles promesses à seulement 14 ans
Question : Qu’est-ce qui a bien marché, qu’est-ce qui n’a pas marché ?
Paul : Pour mon âge et mon poids, je me suis très, très bien débrouillé : je fais seulement 57 kilos et j’ai seulement 14 ans.
Question : Tu as la même voile que les autres ?
Paul : La même voile que les autres. Du coup je suis très content, parce que j’ai réussi à ne pas finir dans les derniers.
Question : Tu as fait toutes les manches ?
Paul : Oui. Ce que je regrette ? Bien sûr, il y a des choses que j’aurais pu mieux faire. Par moments j’ai dessalé, mais ce n’est que ma deuxième régate. Je suis quand même content, et ça montre que quand on s’entraîne, on progresse. Je retiens toujours quelque chose de positif.
Quelques mots de David AUBIN
Question : Ça va ? Tu es content ?
David : Oui, ça va. C’était dur, c’est le Mistral, on n’a pas l’habitude de naviguer avec ce temps-là. C’est très, très physique. C’est un sport de jeunes, le WASP… surtout à l’âge que j’ai.
Question : Donc tu es plutôt content d’avoir fait les six manches ?
C : J’en ai fait que trois, mais je suis content quand même.
Question : Ça fait combien de temps que tu pratiques le WASP ?
C : Ça fait presque dix ans, un peu moins. J’ai commencé à 42 ans.
Question : Et tu as quel âge ? 52 ?
C : 52 bientôt. J’aime toujours venir à Bandol. J’habite à Bruxelles, mais mon bateau est ici. Je descends moins souvent depuis que j’ai repris le travail, mais j’étais à un rythme de toutes les trois semaines, un mois. Depuis septembre je n’ai pas pu revenir, donc j’étais un peu rouillé. Mais il y a tout l’hiver : l’avantage de Bandol, c’est qu’on navigue toute la saison. Il faut en profiter, et attirer les gens du nord pour venir s’entraîner aussi.









